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Rédigé en collaboration avec Marie-Claire Paulet, présidente de France-Adot, fédération des associations pour le don d'organes et des tissus humains, de patients transplantés et de Karinne Gueniche, psychologue, psychothérapeute, à l'Université de Caen.
Faire don de ses organes après sa mort est une décision propre à chacun. En 2004, les organes de 1290 personnes décédées ont été prélevés afin d'en aider d'autres à vivre.
Guy a pu "connaître ses petits-enfants", Jeannick a pu reprendre une "vie normale", Brigitte a pu "vivre intensément chaque jour". Autant d'histoires vécues parce qu'un jour des personnes ont accepté de donner leurs organes après leur mort.
Depuis la première greffe, il y a cinquante ans, plus de 30 000 personnes en France ont pu bénéficier d'une greffe. Et chaque année, ce sont plus de 3 500 personnes qui retrouvent les plaisirs d'une vie quotidienne entourées de leur famille, de leurs amis, de leurs collègues1. Des activités impensables auparavant - travail, sorties, sports, voyages., etc. - redeviennent possibles.
Respecter l'intégrité physique du donneur
Faire don de ses organes ne signifie pas léguer son corps à la science. Dans le premier cas, les organes seront prélevés après la mort et le corps rendu à la famille ensuite. Dans le second cas, donner son corps à la science revient à le léguer à la faculté pour des recherches ou pour que les étudiants en médecine apprennent concrètement l'anatomie. Le corps n'est alors pas rendu à la famille. "Il y a très souvent une confusion, explique Marie-Claire Paulet, présidente de France Adot, fédération des associations pour le don d'organes et de tissus humains. Mais concernant le don d'organes, il y a une obligation légale de rendre le corps à la famille et ce, en ayant respecté au maximum l'intégrité physique du donneur."
Avoir la certitude de la mort
Autre point qui parfois suscite des réticences au don d'organes : la certitude de la mort. En France, peuvent être donneuses après leur mort, les personnes décédées par mort encéphalique ou cérébrale. Cela signifie une perte totale et irréversible de l'ensemble des fonctions cérébrales, provoquée par un manque prolongé d'oxygène. Par un abus de langage, la mort encéphalique a pu être qualifiée de coma dépassé. Mais cela n'a rien à voir avec un coma où on peut espérer que la personne se réveille. En cas de mort cérébrale, le défunt peut donner l'illusion de vie dans la mesure où ses fonctions respiratoires peuvent être maintenues de manière artificielle. Mais ce n'est qu'une illusion, il est bel et bien décédé. De toute façon, la loi oblige à la constatation de deux électroencéphalogrammes nuls et aréactifs effectués à un intervalle minimal de quatre heures, pour qu'une personne soit déclarée morte.
Faire connaître sa position de son vivant
En France, c'est la loi du consentement présumé qui prévaut : tout Français qui ne s'est pas déclaré de son vivant est présumé consentant au don. En réalité, l'application de la loi est plus souple. En cas de mort cérébrale, si le médecin n'a pas eu le moyen de connaître la décision du défunt, il s'efforcera de recueillir le témoignage de sa volonté auprès de la famille. Cela peut être un moment douloureux pour celle-ci. C'est pourquoi, il est important de se prononcer de son vivant. Soit en portant sur soi une carte de donneur (cf. fiche "Prendre sa carte de donneur"), soit en s'inscrivant sur le Registre National des Refus (cf. fiche "S'inscrire sur le Registre national des refus"). Dans tous les cas, il est important de parler de sa décision à ses proches afin qu'ils puissent sans culpabilité respecter sa volonté.
A noter que le don d'organes est également régi par deux autres principes fondamentaux, l'anonymat et la gratuité, afin d'éviter toute pression.
Etre altruiste
Donner ses organes relève donc de l'altruisme pur. Il n'y a rien à en attendre en échange si ce n'est la satisfaction d'aider quelqu'un et de donner un sens à sa mort. Comme le souligne Karinne Guéniche, psychologue, psychothérapeute et maître de conférences à l'université de Caen (14), dans son ouvrage L'énigme de la greffe. Le je, de l'hôte à l'autre2 , "… le don des familles des organes du défunt a une valeur très importante dans l'élaboration du deuil. En effet, la plupart de celles-ci […] tendent à considérer le don d'organes comme le seul aspect positif de leur tragédie. Pour eux, la douleur associée à la perte brutale d'un de leurs proches est d'une certaine façon atténuée par la connaissance que grâce à leur don d'autres personnes continuent à vivre."
Il est à noter que tous les ans, en France, près de 250 personnes en attente de greffe décèdent1, faute de greffons disponibles.
L'essentiel
1/ Faire don de ses organes après sa mort permet de sauver de nombreuses vies. Chaque année, ce sont plus de 3 500 personnes qui ont pu retrouver une vie normale grâce à la greffe.
2/ Donner ses organes ne signifie pas donner son corps à la science. En cas de don d'organes, le corps est rendu à la famille, son intégrité physique ayant été respectée.
3/ Le don d'organes est régi par trois grands principes en France : la gratuité, l'anonymat et le consentement. Il est essentiel de faire part de sa décision de son vivant à ses proches.
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1 Agence de biomédecine – Etablissement Français des greffes, www.efg.sante.fr
2 Karinne Guéniche, L'énigme de la greffe. Le je, de l'hôte à l'autre, Editions l'Harmattan , Paris, 2004, 233p
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