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Rédigé en collaboration avec le Professeur Yvon Lebranchu, néphrologue, immunologue, hôpital Bretonneau, Tours.
Les traitements immunosuppresseurs visent à combattre la réaction immunitaire, laquelle peut entraîner un rejet.
Tout patient transplanté bénéficie aujourd’hui après sa greffe d’un traitement immunosuppresseur. Il s’agit d’empêcher la réaction de rejet liée à la présence d’un organe que le corps ne reconnaît pas comme lui appartenant.
Notre système immunitaire est composé de plusieurs types de cellules qui interagissent entre elles pour défendre notre organisme contre les corps étrangers. Parmi ces cellules, les cellules dendritiques, présentes dans tous les organes et sorte de sentinelles, sont capables de capter des signaux de danger. Ceux-ci sont émis dans l’organisme dès qu’il y a une anomalie - dans le cas présent il s’agit du nouvel organe : le greffon. Une fois le problème détecté, ces cellules dendritiques traitent l’information pour induire une réponse adaptée. Elles vont ainsi apporter l’information aux lymphocytes T (ou cellules lymphocytaires) qui eux vont réagir spécifiquement. Placés notamment dans les ganglions, ces lymphocytes vont s’activer puis se multiplier avant de passer dans le sang. Ils rejoignent le lieu, en l’occurrence le greffon, où le signal danger a été émis pour le combattre. D’où la réaction de rejet.
Empêcher la réaction du système immunitaire
Les traitements immunosuppresseurs interviennent donc pour combattre ce mécanisme naturel de réaction immunitaire. Suivant les molécules, ils peuvent intervenir à différents niveaux :
Empêcher la prolifération des lymphocytes T. Comme le note le professeur Yvon Lebranchu du service de néphrologie et d’immunologie clinique du CHRU de Tours (37), "la majorité des traitements actuels agissent à ce niveau". La multiplication des lymphocytes s’effectue à partir de quatre signaux. Le premier est déclenché à partir de l’activation des cellules lymphocytaires dès lors que les cellules dendritiques les ont informées. Certains traitements empêchent l’activation de ce premier signal. Mais si ce premier signal est indispensable, il ne suffit pas à lui seul à entraîner la prolifération. Le deuxième signal, dit de co-stimulation, résulte du contact entre les cellules dendritiques et les lymphocytes. En bloquant ce signal, les traitements bloquent l’activation des lymphocytes T. Et même si elles sont ensuite re-stimulées, elles seront incapables de proliférer. A noter que les molécules qui agissent à ce niveau sont encore en phase de développement et ne sont pas commercialisées pour l’instant.
Concernant les signaux 3 et 4, eux aussi sont la cible de nombreux traitements immunosuppresseurs et entraînent le blocage de la multiplication des lymphocytes T.
Bloquer le passage jusqu’au greffon
Certains traitements immunosuppresseurs interviennent plus tard en empêchant les lymphocytes de passer dans le sang. Il s’agit de bloquer des récepteurs qui attirent les lymphocytes vers les canaux lymphatiques – vaisseaux qui drainent la lymphe vers le sang. Les lymphocytes activés qui ne peuvent plus migrer, meurent dans les ganglions. Les molécules qui agissent à ce niveau sont également en phase de développement.
La dernière étape sur laquelle certains immunosuppresseurs pourraient intervenir dans l’avenir n’est pour l’instant que théorique. Appelée "le baiser mortel", cette étape se situe lorsque les lymphocytes ont pénétré dans le greffon. Les lymphocytes vont s’accoler aux cellules épithéliales du greffon et générer chez elles un signal de mort.
En conclusion : à chaque cible, son ou ses traitements immunosuppresseurs. Mais pourquoi en retenir un plus qu’un autre ? "En fait, répond le professeur Lebranchu, nous utilisons plusieurs molécules en même temps. En les associant, nous obtenons une efficacité optimale".
L’essentiel
1/ Le système immunitaire correspond à un enchaînement de réactions qui vont combattre le greffon, identifié comme corps étranger à l’organisme.
2/ Les traitements immunosuppresseurs interviennent à plusieurs étapes de cet enchaînement afin d’éviter le rejet.
3/ Plusieurs molécules sont associées afin d’obtenir une efficacité optimale du traitement. |
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